GLADIATOR

 

Après le film de Viking avec l'excellent et indispensable Treizième guerrier de John Mac TIERNAN (un des films que j'emporterai sur une île déserte), voilà qu'Hollywood lâche un péplum après des décennies d'absence. L'évènement est d'autant plus notable qu'il ne s'agit même pas d'un péplum biblique, pourtant la spécialité de la maison. On tape carrément dans le péplum de gladiateurs, c'est magnifique !

Vous avez sûrement lu beaucoup de chose sur les multiples thèmes que développent le scénario. Le plus exploité concernait le parallèle mis en place entre le monde du sport d'aujourd'hui et les joutes de gladiateurs des temps antiques. Je ne vais pas m'attarder sur ce point, le fond m'intéresse moins que la forme. Le cinéma au sens hitchcockien du mot, c'est à dire penser en terme d'images, m'interpelle plus. Et ça tombe plutôt bien puisque Ridley SCOTT a créé quelques unes des plus belles images du cinéma (la mégapole de Blade runner, les vaisseaux rouillés de Alien).

Je vais passer en revue les ingrédients immuables d'un péplum que l'on retrouve ou pas dans ce film.

Les décors

Les figurants

Le souffle épique

Les personnages

 


LES DECORS

Les décors du film sont essentiellement obtenus par ordinateur, exit le carton pâte et la peinture à peine sèche au moment de la prise. Snif, enfin, bon, vous me direz qu'il faut bien vivre avec son époque. Les images de synthèse et le compositing, pourquoi pas. Là où le bas blesse, c'est que Ridley SCOTT n'a pas utiliser la liberté et les performances que permettent d'assurer les ordinateurs.

Alors que le décor de Blade Runner faisait partie intégrante de l'intrigue, SCOTT semble s'en être désintéressée (le décor fait alors partie désintégrante, ARF ARF). Sa caméra ne se ballade pas au milieu des monuments, elle est statique, alors que c'est ce qu'on nous offre dans Cabiria, un péplum du temps du muet. Pire, on a droit à deux trois plans d'ensemble suivis aussitôt par des plans rapprochés. Il n'y a pas d'ampleur la dedans, que diable !!!


LES FIGURANTS

 

 

La bataille qui ouvre le film est un bijou du genre. Voir les armées romaines strictement ordonnées s'avancer dans la plaine est un plaisir pour les yeux. A ce stade, elle faisait penser aux visions géomètriques des garnisons romaines en mouvement de Spartacus de Stanley KUBRICK. La suite de la bataille, sauvage, est plus intimiste (!!!) puisque le cadre se ressert sur le général Maximus.

 

Il n'y a pourtant pas de mouvement de foule dans ce film. Lorsqu'il arrive dans Rome, par exemple, , le fils parricide, sa suite ne compose pas un très grand cortège. D'autre part, les voyages d'un pays à l'autre sont zappés, on ne voit que l'arrivée à chaque fois (exception faite pour celle où Maximus, blessé, essaye de sauver sa famille, là il semble évoluer dans une sorte d'enfer arride, représentation du délire causé par la fièvre).

 


LE SOUFFLE EPIQUE

Le dernier grand film épique est Le treizième guerrier, ce n'est pas que je me répète, mais ce film ma tellement fait du bien que c'est plus fort que moi. Evidemment, un vent de nostalgie m'a pris dans son courant quand j'ai reconnu un des treize guerriers faire de la figuration dans Gladiator (celui qui est charger d'éxecuter d'une épée dans la nuque, Maximus après la mort de l'empereur Marc Aurèle). Qu'aurait donné un tel sujet entre les mains de John Mac TIERNAN ? Certainement quelquechose de plus grandiose...

Reste tout de même que le film se pose là et bien là, en matière de grands frissons distillés par l'Aventure. La charge seule du général Maximus dans la forêt germaine en flamme, flanqué de son chien fidèle, suffirait à hisser n'importe quel film bénéficiant de cette intro vers les sommets. On peut regretter que les dialogues plombent un peu l'entreprise. Filmés en champs/contrechamps en plans rapprochés pour arranger le tout...

 


LES PERSONNAGES

 

 Détail amusant, les personnages sont les mêmes que dans La chute de l'empire romain d'Anthony MANN (avec Sophia LOREN). Produit par le nabab d'Hollywood Samuel BRONSTON, c'est avec le Cléopâtre de MANKIEWIECKS l'un des derniers péplums hollywoodiens à gros (très gros) budget, à s'être gauffré au box office, sonnant le glas pendant une longue période des superproductions antiques.

 

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